Fantastiqua le monde des invisibles

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 Chroniques des Temps Obscurs et hommage aux vieux de la vieille

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Tarod
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MessageSujet: Chroniques des Temps Obscurs et hommage aux vieux de la vieille   Jeu 8 Juin - 23:23

Quelle légitimité quand on vient poster ses nouveaux écrits sur un forum qu'on ne fréquente plus depuis plusieurs années ? Faible. On est d'accord.

Pourtant, je tenais à vous présenter mon nouveau projet. Parce que Fantastiqua, Kanoë, Rosiel, Zarathos, Fel... ce nouveau projet, c'est un peu grâce à vous.

J'ai commencé à surfer sur les forums RPG très tôt, et suis assez vite arrivée sur Fantastiqua. Et c'est sur ce forum que j'ai passé le plus de temps, que j'ai le plus développé ma plume, et surtout que je me suis le plus éclatée. C'est par le forum que j'ai repris goût à l'écriture.

C'est aussi par ce forum que j'ai pu découvrir le sacro saint jeu de rôle. Grâce à lui que, lorsqu'on m'a proposée une place à une table, j'ai répondu avec un grand oui enthousiaste.

Alors pourquoi je vous raconte tout ça ? C'est très simple : mon projet n'est autre que la restitution romancée de mes parties de jeu de rôle.

Et je pense que ça peut en intéresser quelques uns ici.

Les Chroniques, à la manière des Annales de la Compagnie Noire, mais aussi de ce que nous faisons sur Fantastiqua, sont rédigées du point de vue de mon personnage.
Hida est une guerrière barbare, qui se bat pour sa survie dans un monde ravagé par les Abominations. La moitié de la population a été anéantie par ces créatures sorties tout droit d'un cauchemar. La plupart des villes ne tiennent plus debout. Tout est à refaire, et le danger rôde.

Je n'en dis pas plus. A part peut être qu'il s'agit bien de fantasy, avec tout le package habituel, héros, quêtes, prophétie, magie, épées et dragons. Enfin on n'a pas encore croisé de dragons. Et forcément, vu qu'on est sur un jeu de rôle, il y a beaucoup de rebondissements, beaucoup d'actions, et Hida n'est pas forcément le personnage principal de cette aventure ! C'est juste elle qui raconte.

Voilà voilà. Si certains d'entre vous sont intéressés, je serai ravie de vous partager l'aventure, et d'avoir vos retours. Je vais poster le premier chapitre à la suite de ce post, en essayant d'avoir une mise en page correcte Smile

Encore merci à tous, et en particulier à Kanoë, Rosiel, Zarathos et Fel

Couverture:
 


Dernière édition par Tarod le Ven 9 Juin - 0:06, édité 3 fois
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Tarod
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MessageSujet: Re: Chroniques des Temps Obscurs et hommage aux vieux de la vieille   Ven 9 Juin - 0:03


Livre I - La caravane

Sur la route, tada tadadada


La caravane avançait de son rythme morne et rassurant. Devant moi, elle s'étendait à perte de vue, long serpent d'hommes et de charriots soulevant la poussière sur leur passage. Derrière venaient seulement mon clan et les derniers fermiers que nous avions ramassés quelques jours auparavant. Mon yeux s'attardèrent sur un forgeron bien bâti, dans la force de l'âge, qui menait par la bride une jument grise placide, et sur le petit garçon qui manquait de tomber de son dos. Les deux hommes de ma vie me sourirent en captant mon regard posé sur eux, et je repris ma surveillance le coeur un peu moins lourd.
Nous étions près de deux cents âmes à traverser les terres désormais désertes de la région d'Arkis, en direction de sa capitale. Grand Pat', nomade et maitre caravanier expérimenté, nous menait d'une main de maitre vers ce que l'on espérait être un endroit sûr : avec ses hautes murailles et ses nombreux habitants, la cité avait peut être mieux résisté aux derniers événements. Mais nous voyagions depuis bientôt trois mois, et le désespoir se lisait sur de nombreux visages. Pourtant, notre situation aurait pu être pire.
Depuis la Chute, on ne comptait plus les orphelins, les veuves, les familles et les amis déchirés par le deuil. Chacun avait perdu au moins un proche lors de l'invasion des Abominations, et il n'était pas rare de ne compter que quelques survivants de ce qui constituait autre fois des villes entières. Curieusement, nous nous étions rapidement faits à l'idée que des créatures immondes et surpuissantes pouvaient jaillir de terre à n'importe quel moment pour emporter nos vies. Et nous poursuivions notre misérable existence en essayant de ne pas penser que ce moment pouvait être le dernier. Mais depuis peu, la menace des Abominations, aléatoire et presque irréelle, avait fait place à celle bien tangible des pillards et brigands.
Notre groupe comptait bien plus d'artisans, de vieillards et d'enfants que de guerriers, mais nous nous faisions tout de même forts d'une trentaine de bras capables de manier une arme. Pour certains, ce n'était guère assez, mais je me réjouissais de savoir que nos tentes épées suffisaient déjà à encercler proprement la caravane, décourageant ainsi les plus petites bandes de nous attaquer. En cela, je nous trouvais chanceux, et j'étais fière de faire partie de cette première barrière.
La caravane s'arrêta, me tirant de mes réflexions. Je fronçai les sourcils : il n'était pas l'heure de monter le camps, quelque chose devait se passer à l'avant. Je tendis l'oreille, mais aucun son de cor, ni aucun cri d'alarme ne me parvint. Je restai donc à ma place, la main sur la garde de mon épée. Un certain temps passa avant que le bruit ne commença à courir que des cavaliers d'un certain Duc de Roc Noir nous barraient la route, exigeant un droit de passage. La colère fit battre mon coeur violemment dans ma poitrine. Qui était ce Duc pour profiter ainsi d'une situation qui nous concernait tous ? Qu'espérait-il obtenir de notre misérable caravane, où la plupart n'avaient pour seules possessions que ce qu'ils portaient sur le dos ? Je me retins de foncer à leur rencontre pour leur expliquer mon point de vue à grands coups dans la tête. Mais Grand Pat' avait déjà la situation en main, et un second mot passa, donnant l'ordre de s'installer pour la nuit. Ma fureur retomba sous les responsabilités qui m'incombaient alors, et j'escortai la queue de la caravane vers le cercle de chariots qui commençait à se former.

Le conseil se tint ce soir là, et Grand Pat', de sa voix alourdie par les ans, expliqua à tous la situation telle qu'elle était : les hommes de Roc Noir reviendraient d'ici trois jours pour récupérer le droit de passage, à hauteur de deux sous par tête. Si nous refusions ou ne pouvions payer, il nous faudrait faire demi-tour, ou subir les conséquences d'un impôt impayé. Un brouhaha accueillit ses paroles. Beaucoup se révoltèrent devant l'injustice de la situation, mais peu proposèrent de solution.
Ils ne sont que quinze. Nous pourrions nous battre.
Je ne vis pas qui avait lancé un tel pavé dans la marre. Les réactions fusèrent de toute part, et j'estimai moi même cette solution comme risquée mais tenable. Après tout, nous étions à deux contre un, et nous avions la nuit pour préparer le terrain et éventuellement leur tendre une embuscade.
Ces quinze là ne sont qu'une délégation, il en viendra d'autres ! Et que feront nous alors ?
Encore une fois, je ne parvins pas à identifier celle qui venait de mettre le doigt sur le coeur du problème. Effectivement, nous pouvions à court terme défier le Duc et l'emporter… mais quelles en seraient les conséquences ? Nous étions revenus au point de départ, quand Grand Pat' reprit la parole :
La solution la plus sage, est de payer ce droit de passage. Il en a toujours été ainsi, et nous, nomades, sommes bien placés pour le savoir. Même si les circonstances sont exceptionnelles, il faut croire que toutes les lois n'ont pas été abandonnées. Je propose donc que nous nous cotisions tous, chacun à hauteur de ses moyens, pour nous acquitter de ce droit. Aussi, nous, les douze membres du conseil, passerons ce soir auprès de chaque âme de cette caravane, pour lui demander si elle peut s'investir. Nous ne forcerons personne. Si au matin, la somme demandée n'est pas réunie, alors il nous faudra avancer au plus vite, et prier pour que ces hommes nous oublient.
Grand Pat' ne se faisait aucune illusion quant à cette dernière solution, mais certains le prirent au mot. Je redoutai les résultats, et me demandai si mon clan même pouvait assurer sa part. Je me promis de faire en sorte que cela soit le cas, même si je devais pour cela piocher dans les quelques trésors de guerre cachés dans les fontes de ma jument. La soirée fut silencieuse, et je me réjouis de devoir prendre le premier tour de garde : au moins cela me laisserait loin des intrigues et des décisions politiques…

La nuit ne porta pas ses conseils proverbiaux, et nous nous retrouvâmes le lendemain sans la somme demandée par Roc Noir. Grand Pat' annonça gravement que nous devions prendre la route au plus vite, et rester sur nos gardes. Nous passâmes trois jours dans une tension palpable, où le moindre tressaillement faisait trembler l'ensemble de la caravane. D'autant que le terrain que nous traversions était particulièrement vallonné, ce qui d'une part nous ralentissait, mais réduisait aussi considérablement notre champs de vision.
Je serrai les dents, en me demandant si j'avais le droit d'en vouloir aux autres de cette décision. Il était évident que certains ne pouvaient pas payer leur part, mais d'autres semblaient avoir largement les moyens de supporter leur dette et bien plus. Qui étaient ces marchands et petits artisans pour présumer pouvoir garder leur argent, au prix de la vie des autres ? Ce n'était finalement pas eux qu'engageait la décision de ne pas payer, mais bien moi même, et mes frères d'armes. Les premiers à en payer les conséquence, c'étaient bien les guerriers, qui devraient affronter d'abord les quinze cavaliers, puis des renforts, voire une armée ! Je bouillonnais intérieurement, mais n'osait rien dire. Après tout, Dankrad, mon Jarl, avait accepté la décision de Grand Pat', et ma loyauté lui était acquise.
Je ruminai encore mes idées noires, lorsque le pire finit par arriver. Les éclaireurs revinrent, une expression d'effroi gravée sur leur visage, attestant que quinze cavaliers arborant les armoiries de Roc Noir bloquaient la route un peu plus loin. Une goutte de sueur dégoulina de mon front, et mon coeur accéléra brutalement. Egoïstement, je regrettai d'être placée si haut dans la caravane, et de ne pouvoir veiller directement sur ma famille. Je fermai les yeux et priai instamment mes ancêtres de donner la force à Björn de se sauver avec notre fils si le danger était trop grand. Mais je ne me faisais pas d'illusion : le terrain n'offrait aucune cachette, et les cavaliers avaient été très clairs sur les conséquences de traverser le duché sans s'acquitter de la taxe. Très bien. Dans ce cas, la défaite n'était juste pas une option.
Les guerriers se regroupèrent à l'avant de la caravane, puis avancèrent jusqu'à arriver en vue du bataillon ennemi. Nous fumes séparés en trois groupes : l'un partirait à cheval et contournerait les cavaliers en arc de cercle pour les attaquer sur le flanc droit, suivi de près par un tout petit groupe d'archers, pendant que les autres prendraient la route pour les attaquer de front. Le champs de bataille serait de toute façon très étriqué, à cause du glissement de terrain qui avait formé une petite falaise sur la gauche du chemin. Mon coeur battait la chamade devant cette ligne des quinze cavaliers complètement immobiles. J'avais un très mauvais pressentiment.
Dankrad posa sa main sur mon épaule, comme il en avait l'habitude avant un combat, et fixa ses yeux dans les miens. "Pour le clan.", dit-il, et j'acquiesçais gravement, pendant qu'il continuait son rituel avec les quatre guerriers qui restaient de notre village. J'en profitai pour regarder autour de moi le petit groupe qui chargerait par la route. La plupart étaient des hommes faits, et presque tous se battaient à l'épée et au bouclier. Je m'attardai un moment sur une silhouette un peu plus grande que les autres, d'un homme large d'épaules et à l'aura impressionnante. Je le reconnus comme étant Jarl d'un clan barbare de la caravane, mais ne pus me rappeler de son nom. Il tourna soudain ses yeux bleus vers moi, et je ne pus que détourner le regard sous leur éclat perçant.
Sur notre droite, les premières flèches volèrent en direction de l'ennemi, et les chevaux partirent au petit galop. Il était temps que nous chargions. Je chassai toute appréhension de mon esprit, me concentrant uniquement sur le combat à venir. Finalement, il suffisait de ne pas mourir.
Nous nous élançâmes, non comme un seul corps, mais de manière totalement désorganisée, les uns à la suite des autres. C'est peut être ce qui nous sauva la vie. De la falaise sur notre gauche pleuvaient soudainement d'immenses rochers, lancés avec une précision aléatoire mais non moins mortelle. Je vis un roc écraser sans crier gare un guerrier qui me précédait, et eus tout juste le temps de bondir vers la droite pour éviter de me le prendre en pleine face. Une sueur froide parcourut mon dos, et je sprintai plus que de raison pour arriver au contact. J'osai espérer que l'embuscade qu'on nous tendait n'irait pas jusqu'à menacer la vie de ses propres hommes.
Je n'étais pourtant pas au bout de mes surprises. Arrivée à quelques mètres des cavaliers, je notai avec effroi que leur immobilité suspecte tenait au fer de leurs lances. De leurs lances traversant sans pitié leur corps sans vie et ceux de leur monture. La panique me gagna : derrière eux, deux masses informes, jusque là étendues au sol, se relevaient. Deux trolls.
Ils nous toisaient de leurs trois mètres de hauteur en riant presque. Je pris une seconde pour me réjouir que la mort des cavaliers nous offriraient un répit auprès de Roc Noir, puis me concentrai sur les deux énormes cornes de bélier qui ornaient le front des deux monstruosités qui nous faisaient face. Je passai en revue ce que je savais d'eux, c'est-à-dire pas grand chose. Leur peau était épaisse, difficile à percer, et ils étaient moins bêtes qu'ils en avaient l'air - en témoigne l'embuscade magnifiquement orchestrée dans laquelle nous étions tombés. Je serrai les dents, incapable d'évaluer si trente guerriers contre deux trolls était un combat équitable.
Le premier portait une masse d'arme ornée de pics, et je me jetai sur lui à la suite de mes compagnons. Du coin de l'oeil, j'observai les chevaux modifier leur trajectoire pour foncer sur le second troll. Le choc fut terrible des deux côtés.
Les trolls ne semblaient souffrir que des coups les plus violents, et plus d'une fois nos lames ripèrent sur leur peau sans même les égratigner. À l'inverse, les coups de masse et de cimeterre que nous ne parvenions pas à esquiver nous envoyait valser avec une facilité déconcertante. Heureusement pour nous, les trolls ne pouvaient faire face à plus de deux ou trois hommes à la fois, ce qui laissait aux autre tout le loisir d'attaquer au maximum de leur puissance. Je ne comptais plus combien de fois ma lame taillait ou ricochait sur la chaire. Ni les instincts qui me permirent d'éviter systématiquement la masse d'arme qui swinguait dans un va-et-vient mortel. Ni les cris étranglés de mes compagnons moins fortunés. J'entrai dans une rage de combat où rien d'autre ne comptait que le fil de mon épée.
Le combat s'acheva dans un râle d'agonie déchirant. À nos pieds, les deux masses informes et sanguinolentes ne se relèveraient plus. J'étais épuisée, quoi qu'en un seul morceau. Autour de moi, on s'agitait pour soigner les blessés. A vue d'oeil, il me semblait qu'à part le guerrier qui s'était fait aplatir sous mes yeux, nous ne déplorions aucune perte.
Certains repartirent en direction de la caravane pour rendre compte, et les autres s'attelèrent à la lourde tâche de dégager la route. Nous commençâmes par les deux trolls, trainés et poussés vers le bas coté sans ménagement et au prix d'efforts colossaux. Puis il fallut se pencher sur nos quinze cavaliers empalés.
Je réprimai un haut le coeur au moment où je retirai la première lance des corps gonflés et déjà puants de l'homme et sa monture. Un bruit de succion écoeurant précéda celui de leur lourde chute. L'odeur était infernale, plus encore que la vue des corps désarticulés. Quelqu'un proposa que nous récupérions le matériel qui pouvait l'être. Je n'en trouvai pas la force, mais je vis certains s'emparer d'armes et de pièces d'armure pas trop endommagées. Nous fîmes rouler les cadavres par dessus les corps des trolls, et je pris dès que possible la route pour rejoindre la caravane. Il fallait que je retrouve ma famille, et que j'empêche mon fils d'assister à ce spectacle macabre.
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Rosiel
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MessageSujet: Re: Chroniques des Temps Obscurs et hommage aux vieux de la vieille   Mar 20 Juin - 1:52

j'objecte a l'idée d'être traité de vieux ! *sens son dos craquer péniblement et s'appuie un peu plus sur sa marchette XD*

eh ben t'as pas chomé ! je te donnerai les commentaires un peu plus tard mais O__O

et en effet je suis curieux de savoir comment se sont passées vos games de DND ^^ (enfin, si c'est bien a celui-la que vous jouez XD)

*se demande pourquoi il est dans la liste des remerciements puisqu'il a fait genre un RP avec tarod qui n'a jamais été complété Razz *

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(merci pour le kit quam !)

   
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